Une FSR se tient en ce 15 octobre 2026, son ordre du jour abordera de nombreux sujets dont les impacts sont importants pour les agentes et les agents de la DGFiP :
- Retour sur la gestion des épisodes de canicule 2026,
- Point d'étape relatif au déploiement du plan d'actions pour améliorer les condtions de travail et prévenir les risques suicidaires,
- Point d'étape relatif à l'exécution du budget 2026 de la FSR,
- Bilan du TBVS
- Politique immobilière et conditions de travail - sureté, sécurité et conditions de travail bâtimentaires
- Questions diverses
Déclaration liminaire
Madame la Présidente,
Nous ne pouvons commencer ces propos liminaires sans parler du nouveau drame impactant l’ensemble du collectif DGFiP. Dans la nuit du 8 octobre, un collègue des services informatiques s’est donné la mort sur son lieu de travail. C’est un choc immense et nous pensons évidemment tout d’abord à sa famille, ses collègues et plus largement à l’ensemble des collègues.
Pour Solidaires Finances Publiques, les suicides et tentatives de suicides ont des causes multifactorielles, mais quand cela se passe sur le lieu de travail, ces actes dramatiques ne peuvent être déconnectés du contexte professionnel et ne peuvent se résumer à des fragilités individuelles. Et force est de constater que dans les services informatiques, les agentes et agents, quel que soit leur grade, sont depuis plusieurs années sous pression constante. Les pannes d’applications, les vols de données de ces derniers mois n’ont pas arrangé les choses. Nos collègues doivent faire face, toujours dans l’urgence, à des demandes toujours plus pressantes, et les risques psychosociaux sont de plus en plus importants.
Face à ce nouveau drame, la Direction générale doit agir réellement. Nous attendons des actes forts pour que cela ne se reproduise plus. Nous ne voulons plus d’éléments de langage, de promesses de vigilance ou de pseudos mesures d’accompagnement.
Selon vos propres documents, l’état d’avancement de mise en œuvre des actions du plan d’amélioration des conditions de travail et de prévention du risque suicidaire s’élève à ce jour à 95 %. Or, nous comptabilisons pour 2026, 7 suicides et 26 tentatives. Nous pouvons légitimement nous interroger sur la portée et la pertinence de ce plan. Nous, représentantes et représentants des personnels, avons unanimement voté contre car nous savions avant sa mise en œuvre qu’il serait sans effet ! Pourquoi ? Tout simplement parce ce que plan de prévention n’interroge pas ce qui nous abîme au quotidien : l’organisation du travail, le manque de moyens humains, les suppressions d’emplois (encore 176 pour 2027), les restructurations et fermetures incessantes, le management qui peut devenir toxique. Il ne répond en rien à la perte de sens du travail, à la perte pour de très nombreuses et nombreux collègues de leur utilité sociale, il ne répond en rien à leur isolement... autant d’éléments pourtant bien établis par les Observatoires Internes successifs.
Toutes les réformes actuelles à la DGFiP ne cessent de casser les collectifs de travail, la solidarité entre les agentes et agents.
Vous individualisez, vous mettez en concurrence les agentes et agents entre eux. Pourquoi ? Pour gagner des gains de productivité et répondre voire devancer les commandes des gouvernements. Vous fermez les yeux sur la souffrance au travail qui aujourd’hui est prégnante dans notre administration.
Vous êtes sourds à nos alertes, vous êtes aveugles devant les résultats de l’observatoire interne sauf en ce qui concerne le taux de participation. Et quand les agentes et agents prennent le temps d’y répondre et indiquent leur mal-être, certains responsables de services organisent des réunions, non pas pour essayer d’améliorer les choses et trouver des solutions collectives, mais pour « engueuler » les collègues, car les résultats locaux sont en dessous de la moyenne générale !
Aujourd’hui nous sommes profondément en colère et nous vous le disons clairement : votre passivité doit cesser, ainsi que votre tentative d’éviter toute enquête concernant les tentatives de suicides en dehors du lieu de travail. Vous exigez désormais l’autorisation des collègues concernés. Outre le fait que cela est contraire à la note de la Directrice générale de juillet 2025 qui est très claire à ce sujet : si les représentants des personnels décident d’une enquête de la FS, elle doit se faire. Nous vous rappelons que l’enquête, si elle est votée, n’est en aucun cas une enquête sur les collègues mais sur l’environnement professionnel pour vérifier que le travail n’a pas été une des causes de la tentative de suicide.
Qu’avez-vous réellement changé dans l’organisation du travail pour éviter que des situations de souffrance ne s’aggravent ?
Nous ne parlons pas de communication. Nous ne parlons pas d’une cellule d’écoute annoncée après un drame. Nous parlons de prévention primaire. Nous parlons de moyens humains. Nous parlons de charges de travail. Nous parlons d’agir sur le management qui peut virer toxique, mais aussi d’aider les encadrants de proximité souvent pris entre le marteau et l’enclume.
Pour Solidaires Finances Publiques, les suicides et tentatives de suicides ne doivent pas devenir des indicateurs, une ligne dans le bilan social ; ce n’est pas une statistique que nous commentons avant de passer à un autre point de l’ordre du jour !
Nous refusons que les documents uniques d’évaluation des risques professionnels deviennent des catalogues de risques sans mesures de prévention à la hauteur.
Nous refusons que les plans de prévention (PAPRIPACT) soient de simples documents que l’on actualise une fois par an pour se donner bonne conscience.
Nous refusons que les représentants des personnels soient informés lorsque tout est déjà décidé.
Et nous refusons que les alertes soient systématiquement renvoyées à des difficultés individuelles alors qu’elles peuvent révéler des dysfonctionnements collectifs.
Nous exigeons des moyens humains pour l’exercice de nos missions dans des conditions dignes.
Nous exigeons des moyens financiers, notamment pour bénéficier d’outils informatiques performants et fiables et de bâtiments répondant aux défis du changement climatique.
Nous exigeons une réelle prise en compte de la parole des agentes et agents et la reconnaissance qu’ils et elles méritent.
Compte-rendu
à venir